Lundi 28 février 2005

Les lignes qui vont suivre ont été écrites lors de mon hospitalisation il y a quelques semaines et de l’arrêt maladie qui en suivit. Elles sont été nécessaires afin que je m’accorde un nouveau départ dans la vie. C’est un flash-back sur des années passées avec ses joies, ses peines et tout ce qui fait la vie.

 

 

27/1/2005

 

Je m’appelle Fabrice Verdier et je suis né le 2 juillet 1965 à Hennebont dans le Morbihan. De ma tendre enfance, je n’ai que quelques souvenirs et les voici : avoir vomi lors d’une sieste à la maternelle, une bagarre avec mon frère qui me vaut une cicatrice à l’arcade, les dimanches après-midi d’été que l’on passait au bord de la mer & les pique-niques, ma fracture au coude gauche avec l’hospitalisation & la rééducation, les mercredis soir allongé sous la table de la cuisine à regarder la Piste aux Etoiles. Mes parents, aujourd’hui à la retraite, étaient commerçant (boulanger/pâtissier). Et de ce fait, j’étais en quelle sorte un nomade au gré des établissements qu’ils avaient. A peine arrivé quelque part, qu’il fallait repartir. Il a donc été difficile de se faire de vrais amis où se posaient mes valises.

 

Je sui resté à Hennebont jusque l’âge de 6/7 ans. Après, ce fut le Lude dans la Sarthe. Nouvelle école, nouveaux amis à se faire, soit une nouvelle vie à se construire. Pas évident lorsque l’on a 7 ans.

Je dirais que c’est là que quelque part mon enfance a pris fin. Pourquoi cela ? Et bien parce que très jeune on m’a confié des responsabilités, sans doute trop importantes pour un enfant de 8/9 ans. C’était quoi ces responsabilités. : faire à manger pour 7 personnes, travailler à la boutique et d’autres choses de ce genre. Je ne dis pas que je n’étais pas heureux, mais les choses étaient ainsi. Mes parents ne vérifiaient pas mes devoirs, on ne discutait pas très souvent, voir jamais. Ils étaient tellement pris par leur travail.

J’y ai du bon temps aussi. Je m’étais fait quelques très bons copains : les frères Leroux (des jumeaux, les fils du cordonnier), Vincent Audureau (le fils du médecin). J’ouvre une parenthèse sur Vincent. J’étais fasciné par lui. Il avait tout ce dont je rêvais : train électrique, circuit auto, une chambre à lui qui était géniale. Moi, je n’ai eu la mienne à moi pas avant 15 ans. Avant, je la partageais avec un de mes frères. Enfin, mon dernier copain était Denis Tricot, le fils d’un agriculteur. J’adorais aller passer mes mercredis ou samedis à la ferme.

Revenons à cette « sacrifiée ». Pendant que j’accomplissais mes « tâches » (je vous rassure : mes parents n’étaient pas des Thénardier, ce n’est pas ce que je veux dire), mes frères vaquaient à leur occupation, principalement le sport : l’un le foot, l’autre le judo. Je ne dis pas par jalousie.

Egalement, autre chose : ma mère était & est toujours croyante. Alors, j’ai été enfant de cœur. Cela me plaisait assez car en plus d’assurer les offices, je lisais pendant ceux-ci. Quand vous avez 10 ans, lire devant une audience c’est impressionnant mais j’avais l’impression d’avoir un public. Il n’ y a pas très longtemps, j’ai appris que mes parents m’avaient interdit de faire de la danse classique. A la place, j’ai fait de la musique. Je jouais du saxo soprano. Je ne me débrouillais pas trop mal, si je me souviens bien.

Très important : déjà à cette époque, je me sentais différent des autres garçons. Je ne savais pas en quoi mais il y avait quelque chose. On peut voir que mes goûts artistiques le prouvaient. D’ailleurs, je me faisais un peu raillé à l’école et je ne comprenais pas pourquoi. Les années à venir me donneraient l’explication.

Pour résumer ces années au Lude, la vie fut heureuse malgré l’absence de mes parents qui étaient très occupés avec leur commerce, un manque de dialogue au début de l’adolescence qui commençait et période importante de la vie où tout se construit.

 

Alors que je commençais à construire des amitiés, il a encore fallu partir. J’avais 12/13 ans. Direction Angers, la Grande Ville et la boulangerie de la gare (une grosse affaire).

Adieu les copains et la vie insouciante d’une ville moyenne de province. Et l’on verra plus loin que ce sera un vrai trauma et source de beaucoup de souffrances.

J’ai fait ma rentrée des classes en 4ème au collège Saint Martin en 1978 (l’un des plus réputés d’Angers). Ce fut très dur car tout d’abord, je ne connaissais personne et qu’ensuite le niveau était beaucoup plus élevé qu’au Lude.

Mais le plus dur, ce ne fut pas cela mais de voir mes parents « s’enfoncer » dans leur travail en oubliant presque ils avaient des enfants. Pour mes 2 frères aînés, les choses furent différentes. Mon frère aîné s’était engagé dans la Marine Nationale. Il avait donc quitté la maison. Mon second frère finissait son apprentissage de boulanger auprès de mon père. Aux études, il ne restait donc que ma petite sœur de 3 ans ma cadette et moi. On était complètement livré à nous-même. Comme toujours et peut-être encore plus q’avant, personne ne se souciait de ce que l’on faisait.

par Fabrice VERDIER publié dans : www.laviedefabrice
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