Les lignes qui vont suivre ont été écrites lors de mon hospitalisation il y a quelques semaines et de larrêt maladie qui en suivit. Elles sont été nécessaires afin que je maccorde un nouveau départ dans la vie. Cest un flash-back sur des années passées avec ses joies, ses peines et tout ce qui fait la vie.
27/1/2005
Je mappelle Fabrice Verdier et je suis né le 2 juillet 1965 à Hennebont dans le Morbihan. De ma tendre enfance, je nai que quelques souvenirs et les voici : avoir vomi lors dune sieste à la maternelle, une bagarre avec mon frère qui me vaut une cicatrice à larcade, les dimanches après-midi dété que lon passait au bord de la mer & les pique-niques, ma fracture au coude gauche avec lhospitalisation & la rééducation, les mercredis soir allongé sous la table de la cuisine à regarder la Piste aux Etoiles. Mes parents, aujourdhui à la retraite, étaient commerçant (boulanger/pâtissier). Et de ce fait, jétais en quelle sorte un nomade au gré des établissements quils avaient. A peine arrivé quelque part, quil fallait repartir. Il a donc été difficile de se faire de vrais amis où se posaient mes valises.
Je sui resté à Hennebont jusque lâge de 6/7 ans. Après, ce fut le Lude dans la Sarthe. Nouvelle école, nouveaux amis à se faire, soit une nouvelle vie à se construire. Pas évident lorsque lon a 7 ans.
Je dirais que cest là que quelque part mon enfance a pris fin. Pourquoi cela ? Et bien parce que très jeune on ma confié des responsabilités, sans doute trop importantes pour un enfant de 8/9 ans. Cétait quoi ces responsabilités. : faire à manger pour 7 personnes, travailler à la boutique et dautres choses de ce genre. Je ne dis pas que je nétais pas heureux, mais les choses étaient ainsi. Mes parents ne vérifiaient pas mes devoirs, on ne discutait pas très souvent, voir jamais. Ils étaient tellement pris par leur travail.
Jy ai du bon temps aussi. Je métais fait quelques très bons copains : les frères Leroux (des jumeaux, les fils du cordonnier), Vincent Audureau (le fils du médecin). Jouvre une parenthèse sur Vincent. Jétais fasciné par lui. Il avait tout ce dont je rêvais : train électrique, circuit auto, une chambre à lui qui était géniale. Moi, je nai eu la mienne à moi pas avant 15 ans. Avant, je la partageais avec un de mes frères. Enfin, mon dernier copain était Denis Tricot, le fils dun agriculteur. Jadorais aller passer mes mercredis ou samedis à la ferme.
Revenons à cette « sacrifiée ». Pendant que jaccomplissais mes « tâches » (je vous rassure : mes parents nétaient pas des Thénardier, ce nest pas ce que je veux dire), mes frères vaquaient à leur occupation, principalement le sport : lun le foot, lautre le judo. Je ne dis pas par jalousie.
Egalement, autre chose : ma mère était & est toujours croyante. Alors, jai été enfant de cur. Cela me plaisait assez car en plus dassurer les offices, je lisais pendant ceux-ci. Quand vous avez 10 ans, lire devant une audience cest impressionnant mais javais limpression davoir un public. Il n y a pas très longtemps, jai appris que mes parents mavaient interdit de faire de la danse classique. A la place, jai fait de la musique. Je jouais du saxo soprano. Je ne me débrouillais pas trop mal, si je me souviens bien.
Très important : déjà à cette époque, je me sentais différent des autres garçons. Je ne savais pas en quoi mais il y avait quelque chose. On peut voir que mes goûts artistiques le prouvaient. Dailleurs, je me faisais un peu raillé à lécole et je ne comprenais pas pourquoi. Les années à venir me donneraient lexplication.
Pour résumer ces années au Lude, la vie fut heureuse malgré labsence de mes parents qui étaient très occupés avec leur commerce, un manque de dialogue au début de ladolescence qui commençait et période importante de la vie où tout se construit.
Alors que je commençais à construire des amitiés, il a encore fallu partir. Javais 12/13 ans. Direction Angers, la Grande Ville et la boulangerie de la gare (une grosse affaire).
Adieu les copains et la vie insouciante dune ville moyenne de province. Et lon verra plus loin que ce sera un vrai trauma et source de beaucoup de souffrances.
Jai fait ma rentrée des classes en 4ème au collège Saint Martin en 1978 (lun des plus réputés dAngers). Ce fut très dur car tout dabord, je ne connaissais personne et quensuite le niveau était beaucoup plus élevé quau Lude.
Mais le plus dur, ce ne fut pas cela mais de voir mes parents « senfoncer » dans leur travail en oubliant presque ils avaient des enfants. Pour mes 2 frères aînés, les choses furent différentes. Mon frère aîné sétait engagé dans la Marine Nationale. Il avait donc quitté la maison. Mon second frère finissait son apprentissage de boulanger auprès de mon père. Aux études, il ne restait donc que ma petite sur de 3 ans ma cadette et moi. On était complètement livré à nous-même. Comme toujours et peut-être encore plus qavant, personne ne se souciait de ce que lon faisait.
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